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Van de Velde Invitation vernissage exposition Ste Maxime


Van de Velde Invitation vernissage exposition Ste Maxime

Présentation médiathèque

Pour la médiathèque neuf troncs de plus ou moins grande envergure. Douze mètres pour le plus long. Deux mètres cinquante pour le plus court.

L’un dans un arbre à l’entrée du parking. Un pin maritime victime d’une tempête il y a deux ans près de Lorgues. Il a été pensé et conçu avec les enfants de l’IME de Salernes. Une aventure inoubliable. Dans un processus artistique, il y a de la place pour chacun.

Une suite de quatre troncs, deux aulnes, deux charmes, traversant la première partie de la médiathèque. Le premier des quatre troncs commence dans le carré Gaumont, traverse les hautes baies vitrées pour se prolonger dans la médiathèque. Le dernier des quatre troncs traverse le verre de l’autre côté, une partie du tronc se retrouvant dehors. Une suite comme si les troncs ne faisaient que passer par-là avant de rejoindre on ne sait quelle forêt du massif des Maures ou d’ailleurs. Un peu des troncs migratoires en somme.

Sur la mezzanine, lieu de lecture, au calme, en pendant de la longue table et des chaises qui y semblent installés à jamais, une œuvre d’envergure constituée de cinq longues branches de chêne creusées et de cinq coussins aux embranchements. Le titre : On peut s’assoir ? Suspendue à des filins l’œuvre tangue comme en attente d’une improbable réunion. Elle avait été initialement conçue pour une scénographie avec cinq danseurs. Le volume capricieux des branches, leur souplesse du fait de l’évidement en faisait un élément scénographique où il suffisait de lui impulser un mouvement pour qu’elle tangue et danse de manière aléatoire. Par des sauts, des esquives, des retournements les danseurs répondaient, anticipaient. Le mouvement naturel, gravitationnel de l’œuvre impulsait la chorégraphie.

Pris dans l’escalier, un tronc d’aulne, teint aux couleurs de l’architecture, un gris métallisé. Il semble là de tout temps. Peut-être était-il déjà là bien avant la médiathèque quand le lieu n’était encore qu’un cirque de verdure où fleurissaient les caravanes des Harkis. Il est comme empêtré dans cet escalier. Empêtré dans une histoire qui ne le concerne que partiellement. Mais il le vit bien.

Dans la troisième partie de la médiathèque en hauteur, à la verticale, trois troncs, deux pins maritimes, un pin des Landes. Légèrement inclinés, un tronc n’est jamais tout à fait droit. Je l’ai déjà dit à une géométrie fixe, pure répond une géométrie organique. Ils sont comme vidés. Leur contenu aurait pu être la cellulose nécessaire à la fabrication du papier des pages des livres, des bandes dessinées en dessous soigneusement rangés sur les étagères. On ouvre le livre, on ferme l’arbre. On ferme le livre, on ouvre l’arbre.

En périphérie de ces troncs, sur les murs, sur les côtés des étagères, des photographies, d’autres œuvres plus discrètes, plus timides aussi.

L’ensemble de cette exposition est conçue en fonction de l’architecture, de la circulation des personnes et de la fonction du lieu. Le titre : La forêt qui se cache dans l’arbre qui se cache dans la forêt qui se cache. Un titre comme un écho au spectacle, Le Recours aux Forêts programmé fin février.

Au vu de ma démarche, j’ai souvent recours aux forêts. En forêt je me perds, je n’ai aucun sens de l’orientation. Je me perds mais c’est sans doute parce que j’aime ça. J’aime vivre en pure perte. Dans chacun des troncs que je creuse, c’est à la fois remonter le temps et disparaitre dans la part de temps qui m’incombe. J’aime cette idée de passager clandestin. De trajectoire d’un être à un autre être. D’un lieu à un autre lieu. Mille trajectoires, aucun centre, les résonances quotidiennes des forêts du massif des Maures. La nuit, seul, plus rien des signes qui formulent un quotidien, la dimension géologique du massif, la nuit et les étoiles. Là-haut. Là-bas. Les futaies, les sous-bois, l’incessant tangage des ramures des pins. Plus rien. On rejoint la dimension anonyme d’un monde en devenir. Un monde conçu comme un univers infini.



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